Etre cartésien enlève de la beauté du monde

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Photo via Visualhunt

 

Faisons l’exercice de voir une fleur selon le regard  innocent d’un enfant ou d’un poète puis regardons-la d’une manière cartésienne.

À ce premier regard, elle apparaît comme être vivant qui se montre à nous et dont Rilke peut dire :

Toute fleur n’est qu’une mince fontaine

qui tantôt revient de son élan éperdu.

Pour le poète l’important est l’apparition de la fleur dans la singularité bouleversante de son être.

Maintenant, regardons-la avec les yeux de Descartes.

Cette fleur qui se tient devant moi existe à mesure que j’en ai conscience. Ce terme de conscience a ici un sens très fort. Il n’implique pas seulement d’avoir présent à l’esprit, mais de vouloir déterminer le plus certainement possible l’objet de la conscience. La fleur est ainsi non plus un être vivant, mais un « ob-jet » – jeté devant le sujet que je suis. C’est une chose dont la seule propriété invariable et certaine est d’être étendue : elle présente une certaine figure géométriquement déterminable et elle se voit soumise au mouvement dans cet espace (elle peut croître, être déplacée ou bousculée).

Or qu’est-ce qui importe ?

Le fait que je sois conscient de voir la fleur, c’est-à-dire que je la sache, en pensée, indubitablement être une chose étendue, ou que je m’expose à sa présence ici et maintenant dans toute la richesse de sa floraison, de sa senteur et de sa beauté ?

 

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